Sociétés anciennes

Le temps et la chronologie

5 min · 4 questions de révision

La chronologie consiste à placer les événements dans l’ordre où ils se sont produits. Elle fournit aux historiens un cadre pour comparer les sociétés, repérer les changements et étudier les causes. Une date situe un événement, mais l’explication historique va plus loin : elle cherche ses liens avec les circonstances qui le précèdent et le suivent.

Chiffres romains sur un cadran d’horloge.
Chiffres romains sur un cadran d’horloge.Diliff · CC BY 2.5Source de l’image
Organiser les preuves, comparer les interprétations et expliquer son raisonnement.
Organiser les preuves, comparer les interprétations et expliquer son raisonnement.

Ordonner et expliquer le passé

Un récit chronologique progresse des événements les plus anciens vers les plus récents. Des événements peuvent aussi être simultanés : différentes sociétés connaissent des évolutions différentes au cours d’une même période. Les historiens comparent donc les transformations internes d’une société et les relations entre les sociétés.

Cette distinction est essentielle pour expliquer les causes. Un événement antérieur n’a pas nécessairement provoqué tout ce qui lui succède. Pour établir un lien, l’historien examine des preuves concernant les décisions, les actions et les conditions de l’époque. La chronologie rend l’explication possible ; elle ne remplace pas les documents qui la soutiennent.

Avant et après notre ère : l’absence d’année zéro

Les abréviations anglaises BCE et CE signifient respectivement « avant l’ère commune » et « ère commune ». La même numérotation apparaît sous les formes BC, « avant le Christ », et AD, tiré du latin Anno Domini. Le moine Denys le Petit conçoit ce dernier système en 525 de notre ère, à partir d’une estimation de l’année de naissance de Jésus. Ces différentes appellations désignent les mêmes dates.

Avant notre ère, les nombres diminuent lorsque l’on se rapproche de son commencement. Ainsi, 400 avant notre ère précède 300 avant notre ère. Après ce commencement, les nombres augmentent : l’année 50 précède l’année 120. Dans cette convention historique, l’année 1 avant notre ère est directement suivie de l’année 1 de notre ère : il n’existe pas d’année zéro.

Pour calculer l’intervalle entre des points équivalents de deux années appartenant à la même ère, on soustrait le plus petit nombre du plus grand. Si l’on franchit la séparation des deux ères, on additionne les nombres puis on retire un. De 27 avant notre ère à 476 de notre ère, il s’écoule donc 502 ans ; de 753 à 202 avant notre ère, 551 ans. L’intervalle exact entre deux événements dépend aussi de leurs mois et de leurs jours.

Les siècles et les millénaires

Une décennie compte dix ans, un siècle cent ans et un millénaire mille ans. Le Ier siècle de notre ère va de l’année 1 à l’année 100, le IIe de 101 à 200 et le IVe de 301 à 400. C’est pourquoi l’année 350 appartient au IVe siècle et non au IIIe.

Pour trouver le siècle, on divise le numéro de l’année par cent et l’on arrondit à l’entier supérieur si nécessaire. Un multiple exact de cent termine un siècle : 2000 clôt le XXe siècle et 2001 ouvre le XXIe. Le Ve siècle avant notre ère s’étend de 500 à 401 ; l’année 450 en fait donc partie. De même, 44 avant notre ère appartient au Ier siècle avant notre ère, tandis que 1789 se situe au XVIIIe siècle.

Les millénaires suivent le même principe. Le premier comprend les années 1 à 1000, le deuxième les années 1001 à 2000 et le troisième les années 2001 à 3000. L’année 2026 appartient ainsi au troisième millénaire. Avant notre ère, le premier millénaire va de 1000 à 1.

Comment les nombres étaient enregistrés

Les humains comptaient bien avant l’apparition des chiffres actuels. À la préhistoire, ils traçaient des marques sur des objets ; en Mésopotamie, des communautés utilisaient des jetons et des tablettes d’argile pour enregistrer des biens. La fonction précise d’un objet préhistorique demeure parfois incertaine. Les traditions mathématiques mésopotamiennes comprenaient une numération fondée sur soixante, dont notre division des heures et des angles conserve un héritage.

La numération indo-arabe s’est développée pendant des siècles à partir de traditions mathématiques indiennes, puis a été transmise et enrichie par des savants du monde islamique. Dans son système décimal de position, la place d’un chiffre détermine sa valeur : le 1 de 15, 105 et 1500 ne représente pas la même quantité. Le zéro signale une position vide et fonctionne aussi comme un nombre. Brahmagupta traite des calculs avec zéro en 628 ; al-Khwarizmi travaille au IXe siècle, et le Liber Abaci de Fibonacci contribue à diffuser ces méthodes en Europe à partir de 1202.

Lire les chiffres romains et les dates historiques

La numération romaine utilise sept signes principaux : I vaut 1, V vaut 5, X vaut 10, L vaut 50, C vaut 100, D vaut 500 et M vaut 1000. Un signe plus petit placé après un signe plus grand s’ajoute généralement à lui, comme dans VI, soit 6. Les combinaisons soustractives usuelles comprennent IV, soit 4, IX, soit 9, et XL, soit 40. Les inscriptions anciennes et les cadrans d’horloge présentent parfois d’autres conventions.

MMXXVI correspond à 2026 et MCMLXIX à 1969. Après conversion, une date peut être rapprochée d’autres dates écrites différemment. Des indications cohérentes, un sens de lecture allant de l’ancien au récent et une échelle adaptée rendent une frise intelligible. Son intérêt est de montrer les relations entre les événements, et non d’accumuler des nombres isolés.

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Questions de révision

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01 Pourquoi la chronologie aide-t-elle à expliquer les événements plutôt qu'à les énumérer ?

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Un récit chronologique progresse des événements les plus anciens vers les plus récents. Des événements peuvent aussi être simultanés : différentes sociétés connaissent des évolutions différentes au cours d’une même période. Les historiens comparent donc les transformations internes d’une société et les relations entre les sociétés.

Cette distinction est essentielle pour expliquer les causes. Un événement antérieur n’a pas nécessairement provoqué tout ce qui lui succède. Pour établir un lien, l’historien examine des preuves concernant les décisions, les actions et les conditions de l’époque. La chronologie rend l’explication possible ; elle ne remplace pas les documents qui la soutiennent.

02 Comment ordonne-t-on les dates avant et après notre ère, et pourquoi l'absence d'année zéro compte-t-elle ?

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Les abréviations anglaises BCE et CE signifient respectivement « avant l’ère commune » et « ère commune ». La même numérotation apparaît sous les formes BC, « avant le Christ », et AD, tiré du latin Anno Domini. Le moine Denys le Petit conçoit ce dernier système en 525 de notre ère, à partir d’une estimation de l’année de naissance de Jésus. Ces différentes appellations désignent les mêmes dates.

Avant notre ère, les nombres diminuent lorsque l’on se rapproche de son commencement. Ainsi, 400 avant notre ère précède 300 avant notre ère. Après ce commencement, les nombres augmentent : l’année 50 précède l’année 120. Dans cette convention historique, l’année 1 avant notre ère est directement suivie de l’année 1 de notre ère : il n’existe pas d’année zéro.

Pour calculer l’intervalle entre des points équivalents de deux années appartenant à la même ère, on soustrait le plus petit nombre du plus grand. Si l’on franchit la séparation des deux ères, on additionne les nombres puis on retire un. De 27 avant notre ère à 476 de notre ère, il s’écoule donc 502 ans ; de 753 à 202 avant notre ère, 551 ans. L’intervalle exact entre deux événements dépend aussi de leurs mois et de leurs jours.

03 Expliquez le calcul des siècles et des millénaires avec un exemple daté.

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Une décennie compte dix ans, un siècle cent ans et un millénaire mille ans. Le Ier siècle de notre ère va de l’année 1 à l’année 100, le IIe de 101 à 200 et le IVe de 301 à 400. C’est pourquoi l’année 350 appartient au IVe siècle et non au IIIe.

Pour trouver le siècle, on divise le numéro de l’année par cent et l’on arrondit à l’entier supérieur si nécessaire. Un multiple exact de cent termine un siècle : 2000 clôt le XXe siècle et 2001 ouvre le XXIe. Le Ve siècle avant notre ère s’étend de 500 à 401 ; l’année 450 en fait donc partie. De même, 44 avant notre ère appartient au Ier siècle avant notre ère, tandis que 1789 se situe au XVIIIe siècle.

Les millénaires suivent le même principe. Le premier comprend les années 1 à 1000, le deuxième les années 1001 à 2000 et le troisième les années 2001 à 3000. L’année 2026 appartient ainsi au troisième millénaire. Avant notre ère, le premier millénaire va de 1000 à 1.

04 Comment les chiffres romains combinent-ils les symboles ? Donnez un exemple.

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La numération romaine utilise sept signes principaux : I vaut 1, V vaut 5, X vaut 10, L vaut 50, C vaut 100, D vaut 500 et M vaut 1000. Un signe plus petit placé après un signe plus grand s’ajoute généralement à lui, comme dans VI, soit 6. Les combinaisons soustractives usuelles comprennent IV, soit 4, IX, soit 9, et XL, soit 40. Les inscriptions anciennes et les cadrans d’horloge présentent parfois d’autres conventions.

MMXXVI correspond à 2026 et MCMLXIX à 1969. Après conversion, une date peut être rapprochée d’autres dates écrites différemment. Des indications cohérentes, un sens de lecture allant de l’ancien au récent et une échelle adaptée rendent une frise intelligible. Son intérêt est de montrer les relations entre les événements, et non d’accumuler des nombres isolés.

Sources et lectures complémentaires

  1. Library of Congress: working with primary sources