Sociétés anciennes

Byzance et l’Empire carolingien

5 min · 4 questions de révision

Après la disparition du gouvernement impérial romain d'Occident au Ve siècle, l'héritage de Rome subsiste sous plusieurs formes. L'Empire d'Orient se maintient autour de Constantinople, tandis que de nouveaux royaumes se développent à l'ouest. En 800, le couronnement de Charlemagne fait renaître une prétention impériale occidentale. Les souverains byzantins et carolingiens se réclament de Rome et du christianisme, mais leurs territoires, leurs institutions et leurs cultures sont distincts.

Justinien sur la mosaïque du VIe siècle de Saint-Vital de Ravenne.
Justinien sur la mosaïque du VIe siècle de Saint-Vital de Ravenne.Sharon Mollerus · CC BY 2.0Source de l’image
Carte de repérage : Paris / Versailles, Berlin, Geneva, London, Rome, Aachen. Les lieux numérotés ne représentent ni les frontières historiques ni les itinéraires commerciaux.
Carte de repérage : Paris / Versailles, Berlin, Geneva, London, Rome, Aachen. Les lieux numérotés ne représentent ni les frontières historiques ni les itinéraires commerciaux.Natural Earth · Public domainSource de l’image

La survie de l'Empire romain d'Orient

Après la mort de Théodose Ier en 395, les parties orientale et occidentale de l'Empire sont gouvernées par des empereurs différents. Au Ve siècle, l'autorité impériale occidentale s'affaiblit tandis que des royaumes se forment dans ses anciennes provinces. La déposition de l'empereur d'Occident en 476 constitue un repère conventionnel dans ce processus. Elle ne met pas fin à l'Empire romain d'Orient.

L'empire que nous appelons byzantin se considère comme romain. Constantinople, établie comme capitale impériale par Constantin, occupe une position stratégique entre l'Europe et l'Asie. Ses fortifications, ses routes maritimes et son importance administrative l'aident à résister à de nombreuses menaces. Le grec devient progressivement la langue dominante du gouvernement et de la culture, tandis que le droit romain et les traditions impériales restent fondamentaux.

Les ambitions impériales de Justinien

Justinien règne de 527 à 565. Il veut reconquérir les anciens territoires occidentaux : ses armées prennent l'Afrique du Nord, l'Italie et une partie du sud de l'Espagne. Ces campagnes rétablissent l'autorité impériale sur de vastes régions, mais elles sont coûteuses, destructrices et difficiles à prolonger. Les souverains suivants subissent de nouvelles pressions militaires et perdent une grande partie de ces territoires.

Justinien fait également rassembler et organiser le droit romain. Le Code réunit les lois impériales, tandis que le Digeste rassemble des écrits de juristes romains. Avec d'autres ouvrages associés, ils préservent des textes qui influenceront des traditions juridiques bien au-delà de Byzance.

À Constantinople, Justinien commande Sainte-Sophie, construite de 532 à 537. Sa vaste coupole et sa riche décoration expriment le lien entre culte chrétien et prestige impérial. L'autorité de l'empereur est présentée comme voulue par Dieu. Le titre grec basileus finit par désigner l'empereur ; il ne signifie pas littéralement « roi des rois ».

Le christianisme dans le monde byzantin

Les empereurs interviennent dans les affaires religieuses, mais leurs relations avec les évêques et les patriarches peuvent être conflictuelles autant que coopératives. Les images religieuses, ou icônes, prennent une place importante dans le culte byzantin, bien que leur usage soit contesté pendant les périodes iconoclastes. Moines et missionnaires contribuent à diffuser ce christianisme et sa culture écrite dans une partie de l'Europe orientale.

Les Églises orientales et occidentales développent progressivement des différences de langue, de pratiques, de doctrine et de conception de l'autorité. Les événements de 1054 servent généralement de repère au schisme entre les Églises ensuite appelées orthodoxe et catholique. Cette séparation résulte d'une longue évolution, et non d'un simple désaccord sur le mariage des prêtres ou la langue du culte.

Le territoire byzantin change à plusieurs reprises. Constantinople est prise par des croisés en 1204, reconquise en 1261, puis tombe définitivement devant le sultan ottoman Mehmed II en 1453. L'Empire disparaît, mais ses traditions religieuses, artistiques et juridiques continuent d'influencer d'autres sociétés.

Charlemagne et un empire occidental

En Europe occidentale, le royaume franc devient particulièrement puissant. Charlemagne accède à la royauté en 768 et étend sa domination par des guerres, notamment contre les Lombards et les Saxons. La conquête s'accompagne de la diffusion du christianisme, parfois par la contrainte et la violence autant que par la prédication.

Le pape Léon III couronne Charlemagne empereur à Rome le jour de Noël 800. La cérémonie associe son règne au passé impérial romain et à la protection du christianisme. Elle ne reconstitue pas l'ensemble de l'ancien Empire romain et ne place pas les souverains occidental et byzantin sous un gouvernement commun.

Le palais d'Aix-la-Chapelle est un centre important du pouvoir. Les comtes exercent l'autorité locale, organisent la justice et les obligations militaires. Des envoyés royaux, les missi dominici, contrôlent leur action et transmettent les instructions. Des décisions écrites, les capitulaires, facilitent la communication, mais le pouvoir royal dépend encore largement des fidélités personnelles et de la coopération des élites locales.

Culture, religion et limites de l'unité

Charlemagne encourage les écoles, les études et la copie des manuscrits. À la cour et dans les monastères, des savants cherchent à améliorer l'instruction religieuse et la qualité des textes. Une écriture lisible, la minuscule caroline, facilite ce travail. Le latin relie les milieux instruits de l'Église occidentale, tandis que la majorité de la population utilise d'autres langues au quotidien.

Ce renouveau culturel ne correspond pas à une scolarisation générale. Il touche surtout le clergé et les élites dirigeantes, mais les manuscrits conservés constituent un héritage important pour les siècles suivants. Églises, monastères et objets religieux décorés expriment aussi l'alliance du pouvoir politique et du pouvoir religieux.

Après la mort de Charlemagne en 814, les conflits dynastiques affaiblissent l'unité impériale. Le traité de Verdun, en 843, partage l'Empire entre trois de ses petits-fils. Byzance et le monde carolingien représentent donc deux tentatives différentes de maintenir un ordre impérial chrétien, chacune marquée par ses institutions et ses difficultés politiques.

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Questions de révision

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01 Pourquoi l'Empire romain continue-t-il après 476 ?

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Après la mort de Théodose Ier en 395, les parties orientale et occidentale de l'Empire sont gouvernées par des empereurs différents. Au Ve siècle, l'autorité impériale occidentale s'affaiblit tandis que des royaumes se forment dans ses anciennes provinces. La déposition de l'empereur d'Occident en 476 constitue un repère conventionnel dans ce processus. Elle ne met pas fin à l'Empire romain d'Orient.

L'empire que nous appelons byzantin se considère comme romain. Constantinople, établie comme capitale impériale par Constantin, occupe une position stratégique entre l'Europe et l'Asie. Ses fortifications, ses routes maritimes et son importance administrative l'aident à résister à de nombreuses menaces. Le grec devient progressivement la langue dominante du gouvernement et de la culture, tandis que le droit romain et les traditions impériales restent fondamentaux.

02 Comment Justinien manifeste-t-il la puissance impériale par la guerre, le droit et la construction ?

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Justinien règne de 527 à 565. Il veut reconquérir les anciens territoires occidentaux : ses armées prennent l'Afrique du Nord, l'Italie et une partie du sud de l'Espagne. Ces campagnes rétablissent l'autorité impériale sur de vastes régions, mais elles sont coûteuses, destructrices et difficiles à prolonger. Les souverains suivants subissent de nouvelles pressions militaires et perdent une grande partie de ces territoires.

Justinien fait également rassembler et organiser le droit romain. Le Code réunit les lois impériales, tandis que le Digeste rassemble des écrits de juristes romains. Avec d'autres ouvrages associés, ils préservent des textes qui influenceront des traditions juridiques bien au-delà de Byzance.

À Constantinople, Justinien commande Sainte-Sophie, construite de 532 à 537. Sa vaste coupole et sa riche décoration expriment le lien entre culte chrétien et prestige impérial. L'autorité de l'empereur est présentée comme voulue par Dieu. Le titre grec basileus finit par désigner l'empereur ; il ne signifie pas littéralement « roi des rois ».

03 Comment Charlemagne a-t-il acquis et gouverné son empire ?

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En Europe occidentale, le royaume franc devient particulièrement puissant. Charlemagne accède à la royauté en 768 et étend sa domination par des guerres, notamment contre les Lombards et les Saxons. La conquête s'accompagne de la diffusion du christianisme, parfois par la contrainte et la violence autant que par la prédication.

Le pape Léon III couronne Charlemagne empereur à Rome le jour de Noël 800. La cérémonie associe son règne au passé impérial romain et à la protection du christianisme. Elle ne reconstitue pas l'ensemble de l'ancien Empire romain et ne place pas les souverains occidental et byzantin sous un gouvernement commun.

Le palais d'Aix-la-Chapelle est un centre important du pouvoir. Les comtes exercent l'autorité locale, organisent la justice et les obligations militaires. Des envoyés royaux, les missi dominici, contrôlent leur action et transmettent les instructions. Des décisions écrites, les capitulaires, facilitent la communication, mais le pouvoir royal dépend encore largement des fidélités personnelles et de la coopération des élites locales.

04 Quelles sont les réalisations et les limites du renouveau culturel carolingien ?

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Charlemagne encourage les écoles, les études et la copie des manuscrits. À la cour et dans les monastères, des savants cherchent à améliorer l'instruction religieuse et la qualité des textes. Une écriture lisible, la minuscule caroline, facilite ce travail. Le latin relie les milieux instruits de l'Église occidentale, tandis que la majorité de la population utilise d'autres langues au quotidien.

Ce renouveau culturel ne correspond pas à une scolarisation générale. Il touche surtout le clergé et les élites dirigeantes, mais les manuscrits conservés constituent un héritage important pour les siècles suivants. Églises, monastères et objets religieux décorés expriment aussi l'alliance du pouvoir politique et du pouvoir religieux.

Après la mort de Charlemagne en 814, les conflits dynastiques affaiblissent l'unité impériale. Le traité de Verdun, en 843, partage l'Empire entre trois de ses petits-fils. Byzance et le monde carolingien représentent donc deux tentatives différentes de maintenir un ordre impérial chrétien, chacune marquée par ses institutions et ses difficultés politiques.

Sources et lectures complémentaires

  1. The Metropolitan Museum: Byzantium
  2. The Metropolitan Museum: Carolingian art