Relations internationales

L’effondrement de la paix, 1919-1939

10 min · 7 questions de révision

Le déclenchement de la guerre en Europe en septembre 1939 résulte d'une succession de crises et de décisions politiques liées entre elles. Le ressentiment contre les traités, la Dépression et la faiblesse de la sécurité collective offrent des possibilités aux États expansionnistes. Hitler transforme ces possibilités en agressions répétées. L'apaisement et le pacte germano-soviétique modifient les conditions de son action, sans supprimer la responsabilité des gouvernements qui choisissent la conquête et la guerre.

Les dirigeants à la conférence de Munich, en septembre 1938.
Les dirigeants à la conférence de Munich, en septembre 1938.Unknown authorUnknown author · CC BY-SA 3.0 deSource de l’image
Carte de repérage : Paris / Versailles, Berlin, Geneva, London, Rome, Aachen. Les lieux numérotés ne représentent ni les frontières historiques ni les itinéraires commerciaux.
Carte de repérage : Paris / Versailles, Berlin, Geneva, London, Rome, Aachen. Les lieux numérotés ne représentent ni les frontières historiques ni les itinéraires commerciaux.Natural Earth · Public domainSource de l’image

L'affaiblissement de l'ordre international

Les traités de 1919-1923 laissent des frontières contestées et des États mécontents. Les nationalistes allemands dénoncent Versailles ; certains Britanniques trouvent aussi des clauses trop sévères. Ce mécontentement ne rend pourtant pas une nouvelle guerre inévitable. Les accords de Locarno en 1925 et l'entrée de l'Allemagne à la SDN en 1926 montrent qu'une amélioration diplomatique est possible.

La Dépression transforme le contexte. Le chômage et la baisse du commerce fragilisent les gouvernements, renforcent les extrémistes et favorisent le nationalisme économique. L'expansion peut être présentée comme un moyen d'obtenir ressources et prestige. Parallèlement, les pays confrontés à leurs propres difficultés hésitent à supporter le coût d'une résistance aux agressions lointaines.

La conquête japonaise de la Mandchourie et l'invasion italienne de l'Abyssinie révèlent les limites de la SDN. L'échec du désarmement affaiblit encore l'espoir d'une limitation concertée des forces. Ces événements ne donnent pas à Hitler une autorisation officielle de conquête, mais suggèrent qu'une action déterminée pourrait rencontrer une condamnation sans résistance efficace.

Les objectifs de l'Allemagne, de l'Italie et du Japon

Hitler veut abolir les contraintes de Versailles, reconstruire la puissance militaire allemande et réunir les populations germanophones. Ses ambitions dépassent la révision de certaines clauses. La revendication nazie du Lebensraum, ou espace vital, implique des conquêtes en Europe orientale et s'inscrit dans le racisme, l'anticommunisme et l'asservissement d'autres peuples.

Mussolini recherche un empire italien agrandi et la reconnaissance d'un rang de grande puissance. Les ambitions italiennes en Méditerranée et en Afrique entrent parfois en conflit avec celles de l'Allemagne, notamment à propos de l'Autriche. La coopération entre dictateurs se construit progressivement ; elle n'existe pas automatiquement dès l'origine.

Les dirigeants militaires japonais veulent renforcer leur domination en Asie orientale pour des raisons de ressources, de sécurité et de prestige impérial. La guerre à grande échelle contre la Chine s'étend en 1937. Allemagne, Italie et Japon contestent l'ordre établi sans suivre un plan unique pendant toutes les années 1930. L'axe Rome-Berlin de 1936 et le pacte anti-Komintern les rapprochent ; le pacte d'Acier germano-italien suit en 1939.

Réarmement et premières remises en cause

Devenu chancelier en 1933, Hitler accélère le réarmement et retire l'Allemagne de la conférence du désarmement et de la SDN. En 1935, il annonce ouvertement la conscription et l'existence de la Luftwaffe. Ces décisions violent Versailles et augmentent la capacité allemande à menacer ses voisins.

Le Royaume-Uni, la France et l'Italie condamnent les violations allemandes à Stresa en avril 1935. Pourtant, l'accord naval anglo-allemand de juin autorise une flotte de surface allemande atteignant trente-cinq pour cent du tonnage britannique, avec des dispositions distinctes pour les sous-marins. Londres espère limiter la compétition navale, mais affaiblit ainsi la réaction commune aux violations du traité.

La Sarre revient à l'Allemagne après le plébiscite international de janvier 1935. Ce changement est autorisé par Versailles et doit être distingué des violations du traité. Hitler utilise le résultat comme preuve du soutien national à son pouvoir.

Le 7 mars 1936, des troupes allemandes entrent en Rhénanie démilitarisée, en violation de Versailles et de Locarno. La France n'intervient pas militairement et Londres refuse de soutenir l'usage de la force. Le succès de ce pari renforce le prestige de Hitler et améliore la position stratégique allemande à l'ouest, rendant plus difficile une résistance future.

L'Espagne et les nouvelles relations entre puissances

La guerre civile espagnole commence en 1936 après un soulèvement militaire contre la République. Allemagne et Italie soutiennent les nationalistes dirigés par Francisco Franco ; l'Union soviétique aide la République et des volontaires étrangers rejoignent les Brigades internationales. La France et le Royaume-Uni défendent la non-intervention, malgré la poursuite des aides extérieures.

L'engagement allemand et italien renforce leur rapprochement et leur apporte une expérience de la guerre moderne. Le bombardement de Guernica en 1937 devient un symbole du danger aérien pour les civils. Le conflit approfondit également les divisions idéologiques européennes, compliquant la coopération face à d'autres menaces.

L'Italie s'était opposée à l'ingérence allemande en Autriche après l'assassinat du chancelier Engelbert Dollfuss en 1934. Son rapprochement ultérieur avec Berlin modifie cette position. Un obstacle important aux ambitions autrichiennes de Hitler disparaît ainsi.

L'Anschluss et la destruction de la Tchécoslovaquie

Au début de 1938, Hitler accentue la pression sur le chancelier autrichien Kurt Schuschnigg. Lorsque celui-ci propose un vote sur l'indépendance, Hitler exige des concessions ; les troupes allemandes entrent en Autriche le 12 mars. L'annexion, appelée Anschluss, suit. Le vote ultérieur organisé sous contrôle nazi n'est pas une consultation libre, même si l'union dispose d'un soutien réel dans une partie de la population.

Hitler vise ensuite les régions frontalières des Sudètes, où vit une importante population germanophone. Le parti allemand des Sudètes de Konrad Henlein présente des revendications qui contribuent à déstabiliser l'État. L'enjeu porte sur des questions nationales, mais aussi sur l'industrie, les fortifications et la survie de la Tchécoslovaquie indépendante.

Le Premier ministre britannique Neville Chamberlain négocie avec Hitler en septembre 1938. À Munich, les 29-30 septembre, Royaume-Uni, France, Allemagne et Italie acceptent le transfert des territoires sudètes. La Tchécoslovaquie est exclue de la négociation de son propre sort, et l'URSS n'y participe pas. La perte des défenses frontalières et des ressources rend l'État restant beaucoup plus vulnérable.

En mars 1939, l'armée allemande occupe Prague et Hitler établit le protectorat de Bohême-Moravie. La Slovaquie devient officiellement indépendante sous une forte influence allemande. Cette prise de contrôle prouve que ses ambitions dépassent le rassemblement des germanophones et ruine l'idée que des concessions limitées suffiraient à le satisfaire.

Pourquoi choisir l'apaisement ?

L'apaisement cherche à éviter la guerre en négociant des concessions censées résoudre les griefs. Le souvenir de 1914-1918 et la crainte des bombardements rendent un nouveau conflit profondément impopulaire. Les difficultés économiques et les doutes sur la préparation militaire encouragent la prudence. Les responsables britanniques doivent aussi considérer l'Empire et les menaces possibles du Japon et de l'Italie.

Certains jugent des revendications allemandes légitimes, notamment celles concernant l'identité nationale. D'autres craignent le communisme et se méfient de l'URSS. Chamberlain espère obtenir une paix durable par la négociation directe. Ces motivations se combinent : l'apaisement ne se réduit ni à la lâcheté ni à une confiance absolue dans chaque parole de Hitler.

La politique donne du temps au réarmement britannique, notamment aux défenses aériennes. Mais l'Allemagne gagne également du temps, des territoires, des ressources et des avantages stratégiques. La Tchécoslovaquie perd sa capacité de résistance et la méfiance soviétique envers l'Occident augmente. Une évaluation équilibrée doit considérer les contraintes des décideurs et les conséquences pour les États sacrifiés.

Il est impossible de prouver qu'une seule décision différente aurait certainement empêché toute guerre. Néanmoins, les concessions répétées affaiblissent la dissuasion et encouragent Hitler à prendre de nouveaux risques. Après l'occupation de Prague, Londres garantit l'indépendance polonaise et accélère le réarmement ainsi que les préparatifs militaires.

Le pacte germano-soviétique

Les négociations de 1939 entre Royaume-Uni, France et URSS n'aboutissent pas à une alliance efficace. La méfiance réciproque, les incertitudes sur les engagements militaires et le refus polonais du passage de troupes soviétiques empêchent l'accord. Les purges staliniennes ont aussi endommagé l'Armée rouge et influencé les jugements étrangers sur sa force. Ces difficultés ouvrent une possibilité d'entente germano-soviétique sans rendre le choix de Staline inévitable.

Le 23 août 1939, les ministres Joachim von Ribbentrop et Viatcheslav Molotov signent un pacte de non-agression. Ses clauses publiques prévoient que les deux pays ne s'attaqueront pas. Un protocole secret répartit des zones d'Europe orientale en sphères d'influence, notamment en Pologne et dans la région baltique.

Hitler réduit le risque immédiat d'une opposition soviétique à l'attaque de la Pologne. Staline obtient des possibilités d'expansion territoriale et du temps avant une éventuelle guerre allemande contre l'URSS. Leur hostilité idéologique ne disparaît pas : c'est une entente tactique entre dictateurs aux objectifs durables incompatibles. Le pacte encourage l'agression en isolant la Pologne, mais l'invasion dépend toujours des décisions allemandes.

La Pologne et le déclenchement de la guerre européenne

L'Allemagne envahit la Pologne le 1er septembre 1939. Le Royaume-Uni et la France exigent son retrait, puis lui déclarent la guerre le 3 septembre devant son refus. Cette réponse tient à leurs engagements envers la Pologne et à la conviction que de nouvelles concessions n'assureront pas une paix fiable. L'URSS envahit l'est de la Pologne le 17 septembre, réalisant sa propre expansion dans le cadre du pacte.

L'invasion constitue le déclencheur immédiat de la guerre entre l'Allemagne et les puissances occidentales. En arrière-plan se trouvent les ambitions hitlériennes, le réarmement, l'érosion de la sécurité collective et les choix diplomatiques de plusieurs gouvernements. Distinguer ces niveaux de causalité évite de faire du traité de 1919 ou du pacte d'août 1939 une explication suffisante à eux seuls.

Du conflit européen à la guerre mondiale

L'Allemagne attaque le Danemark et la Norvège en avril 1940, puis les Pays-Bas, la Belgique, le Luxembourg et la France en mai. La défaite française de juin bouleverse l'équilibre européen. Le Royaume-Uni poursuit la lutte et la Royal Air Force résiste à la recherche allemande d'une supériorité aérienne pendant la bataille d'Angleterre. Les bombardements infligent néanmoins de grandes souffrances aux civils.

L'Allemagne envahit l'Union soviétique en juin 1941 et rompt le pacte. L'attaque japonaise de Pearl Harbor en décembre, suivie de la déclaration de guerre allemande aux États-Unis, élargit encore le conflit. Dans l'Europe occupée, les persécutions nazies deviennent un meurtre de masse systématique. La Shoah tue environ six millions de Juifs ; d'autres groupes sont aussi persécutés et assassinés. La conférence de Wannsee de janvier 1942 coordonne certains aspects d'un génocide déjà engagé, plutôt qu'elle ne crée la persécution.

Les victoires alliées de Midway, d'El-Alamein et de Stalingrad en 1942-1943 contribuent au retournement militaire. Les avancées soviétiques et le débarquement de Normandie de juin 1944 accentuent la pression à l'est et à l'ouest. L'Allemagne capitule en mai 1945. En août, les bombes atomiques américaines dévastent Hiroshima et Nagasaki tandis que l'URSS entre en guerre contre le Japon ; la capitulation officielle japonaise suit le 2 septembre.

L'ampleur des morts, des déplacements et des destructions révèle l'enjeu de l'effondrement de la paix. Expliquer celui-ci ne suppose pas que son issue était inévitable. Il faut comprendre comment objectifs agressifs, possibilités d'action et réactions s'accumulent jusqu'à ce que l'invasion de la Pologne produise une guerre plus large.

À vous de jouer

Questions de révision

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01 Comment le contexte international favorisait-il les États expansionnistes ?

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Les traités de 1919-1923 laissent des frontières contestées et des États mécontents. Les nationalistes allemands dénoncent Versailles ; certains Britanniques trouvent aussi des clauses trop sévères. Ce mécontentement ne rend pourtant pas une nouvelle guerre inévitable. Les accords de Locarno en 1925 et l'entrée de l'Allemagne à la SDN en 1926 montrent qu'une amélioration diplomatique est possible.

La Dépression transforme le contexte. Le chômage et la baisse du commerce fragilisent les gouvernements, renforcent les extrémistes et favorisent le nationalisme économique. L'expansion peut être présentée comme un moyen d'obtenir ressources et prestige. Parallèlement, les pays confrontés à leurs propres difficultés hésitent à supporter le coût d'une résistance aux agressions lointaines.

La conquête japonaise de la Mandchourie et l'invasion italienne de l'Abyssinie révèlent les limites de la SDN. L'échec du désarmement affaiblit encore l'espoir d'une limitation concertée des forces. Ces événements ne donnent pas à Hitler une autorisation officielle de conquête, mais suggèrent qu'une action déterminée pourrait rencontrer une condamnation sans résistance efficace.

02 Distinguez le plébiscite sarrois du réarmement et de la remilitarisation de la Rhénanie.

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Devenu chancelier en 1933, Hitler accélère le réarmement et retire l'Allemagne de la conférence du désarmement et de la SDN. En 1935, il annonce ouvertement la conscription et l'existence de la Luftwaffe. Ces décisions violent Versailles et augmentent la capacité allemande à menacer ses voisins.

Le Royaume-Uni, la France et l'Italie condamnent les violations allemandes à Stresa en avril 1935. Pourtant, l'accord naval anglo-allemand de juin autorise une flotte de surface allemande atteignant trente-cinq pour cent du tonnage britannique, avec des dispositions distinctes pour les sous-marins. Londres espère limiter la compétition navale, mais affaiblit ainsi la réaction commune aux violations du traité.

La Sarre revient à l'Allemagne après le plébiscite international de janvier 1935. Ce changement est autorisé par Versailles et doit être distingué des violations du traité. Hitler utilise le résultat comme preuve du soutien national à son pouvoir.

Le 7 mars 1936, des troupes allemandes entrent en Rhénanie démilitarisée, en violation de Versailles et de Locarno. La France n'intervient pas militairement et Londres refuse de soutenir l'usage de la force. Le succès de ce pari renforce le prestige de Hitler et améliore la position stratégique allemande à l'ouest, rendant plus difficile une résistance future.

03 Comment la guerre d'Espagne a-t-elle influencé les relations entre puissances européennes ?

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La guerre civile espagnole commence en 1936 après un soulèvement militaire contre la République. Allemagne et Italie soutiennent les nationalistes dirigés par Francisco Franco ; l'Union soviétique aide la République et des volontaires étrangers rejoignent les Brigades internationales. La France et le Royaume-Uni défendent la non-intervention, malgré la poursuite des aides extérieures.

L'engagement allemand et italien renforce leur rapprochement et leur apporte une expérience de la guerre moderne. Le bombardement de Guernica en 1937 devient un symbole du danger aérien pour les civils. Le conflit approfondit également les divisions idéologiques européennes, compliquant la coopération face à d'autres menaces.

L'Italie s'était opposée à l'ingérence allemande en Autriche après l'assassinat du chancelier Engelbert Dollfuss en 1934. Son rapprochement ultérieur avec Berlin modifie cette position. Un obstacle important aux ambitions autrichiennes de Hitler disparaît ainsi.

04 Comment les événements de l'Anschluss à Prague ont-ils ruiné l'espoir de revendications allemandes limitées ?

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Au début de 1938, Hitler accentue la pression sur le chancelier autrichien Kurt Schuschnigg. Lorsque celui-ci propose un vote sur l'indépendance, Hitler exige des concessions ; les troupes allemandes entrent en Autriche le 12 mars. L'annexion, appelée Anschluss, suit. Le vote ultérieur organisé sous contrôle nazi n'est pas une consultation libre, même si l'union dispose d'un soutien réel dans une partie de la population.

Hitler vise ensuite les régions frontalières des Sudètes, où vit une importante population germanophone. Le parti allemand des Sudètes de Konrad Henlein présente des revendications qui contribuent à déstabiliser l'État. L'enjeu porte sur des questions nationales, mais aussi sur l'industrie, les fortifications et la survie de la Tchécoslovaquie indépendante.

Le Premier ministre britannique Neville Chamberlain négocie avec Hitler en septembre 1938. À Munich, les 29-30 septembre, Royaume-Uni, France, Allemagne et Italie acceptent le transfert des territoires sudètes. La Tchécoslovaquie est exclue de la négociation de son propre sort, et l'URSS n'y participe pas. La perte des défenses frontalières et des ressources rend l'État restant beaucoup plus vulnérable.

En mars 1939, l'armée allemande occupe Prague et Hitler établit le protectorat de Bohême-Moravie. La Slovaquie devient officiellement indépendante sous une forte influence allemande. Cette prise de contrôle prouve que ses ambitions dépassent le rassemblement des germanophones et ruine l'idée que des concessions limitées suffiraient à le satisfaire.

05 Évaluez les raisons de l'apaisement et ses conséquences.

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L'apaisement cherche à éviter la guerre en négociant des concessions censées résoudre les griefs. Le souvenir de 1914-1918 et la crainte des bombardements rendent un nouveau conflit profondément impopulaire. Les difficultés économiques et les doutes sur la préparation militaire encouragent la prudence. Les responsables britanniques doivent aussi considérer l'Empire et les menaces possibles du Japon et de l'Italie.

Certains jugent des revendications allemandes légitimes, notamment celles concernant l'identité nationale. D'autres craignent le communisme et se méfient de l'URSS. Chamberlain espère obtenir une paix durable par la négociation directe. Ces motivations se combinent : l'apaisement ne se réduit ni à la lâcheté ni à une confiance absolue dans chaque parole de Hitler.

La politique donne du temps au réarmement britannique, notamment aux défenses aériennes. Mais l'Allemagne gagne également du temps, des territoires, des ressources et des avantages stratégiques. La Tchécoslovaquie perd sa capacité de résistance et la méfiance soviétique envers l'Occident augmente. Une évaluation équilibrée doit considérer les contraintes des décideurs et les conséquences pour les États sacrifiés.

Il est impossible de prouver qu'une seule décision différente aurait certainement empêché toute guerre. Néanmoins, les concessions répétées affaiblissent la dissuasion et encouragent Hitler à prendre de nouveaux risques. Après l'occupation de Prague, Londres garantit l'indépendance polonaise et accélère le réarmement ainsi que les préparatifs militaires.

06 Pourquoi Hitler et Staline ont-ils signé un pacte malgré leur hostilité idéologique ?

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Les négociations de 1939 entre Royaume-Uni, France et URSS n'aboutissent pas à une alliance efficace. La méfiance réciproque, les incertitudes sur les engagements militaires et le refus polonais du passage de troupes soviétiques empêchent l'accord. Les purges staliniennes ont aussi endommagé l'Armée rouge et influencé les jugements étrangers sur sa force. Ces difficultés ouvrent une possibilité d'entente germano-soviétique sans rendre le choix de Staline inévitable.

Le 23 août 1939, les ministres Joachim von Ribbentrop et Viatcheslav Molotov signent un pacte de non-agression. Ses clauses publiques prévoient que les deux pays ne s'attaqueront pas. Un protocole secret répartit des zones d'Europe orientale en sphères d'influence, notamment en Pologne et dans la région baltique.

Hitler réduit le risque immédiat d'une opposition soviétique à l'attaque de la Pologne. Staline obtient des possibilités d'expansion territoriale et du temps avant une éventuelle guerre allemande contre l'URSS. Leur hostilité idéologique ne disparaît pas : c'est une entente tactique entre dictateurs aux objectifs durables incompatibles. Le pacte encourage l'agression en isolant la Pologne, mais l'invasion dépend toujours des décisions allemandes.

07 Distinguez le déclencheur immédiat de la guerre européenne de ses causes plus larges.

Voir l’explication
L'Allemagne envahit la Pologne le 1er septembre 1939. Le Royaume-Uni et la France exigent son retrait, puis lui déclarent la guerre le 3 septembre devant son refus. Cette réponse tient à leurs engagements envers la Pologne et à la conviction que de nouvelles concessions n'assureront pas une paix fiable. L'URSS envahit l'est de la Pologne le 17 septembre, réalisant sa propre expansion dans le cadre du pacte.

L'invasion constitue le déclencheur immédiat de la guerre entre l'Allemagne et les puissances occidentales. En arrière-plan se trouvent les ambitions hitlériennes, le réarmement, l'érosion de la sécurité collective et les choix diplomatiques de plusieurs gouvernements. Distinguer ces niveaux de causalité évite de faire du traité de 1919 ou du pacte d'août 1939 une explication suffisante à eux seuls.

Sources et lectures complémentaires

  1. Office of the Historian: the League of Nations
  2. Office of the Historian: the Paris Peace Conference