La guerre froide est une rivalité durable entre les États-Unis, l'Union soviétique et leurs alliés. Elle oppose des systèmes politiques, des intérêts stratégiques et des visions de l'ordre international. Les superpuissances évitent une guerre générale déclarée entre elles, mais leur rivalité contribue à des conflits destructeurs ailleurs, à la confrontation nucléaire et à la répression politique. Son évolution dépend aussi des gouvernements et des mouvements qui poursuivent leurs propres objectifs dans le monde.


De l'alliance de guerre à la méfiance
Les États-Unis et l'URSS coopèrent contre l'Allemagne nazie malgré leurs divergences idéologiques. Le système américain associe élections concurrentielles et économie principalement capitaliste ; le système soviétique concentre le pouvoir dans le Parti communiste et repose largement sur la propriété publique et la planification. Cela ne signifie ni que tous les alliés américains sont démocratiques ni que tous les États communistes obéissent sans désaccord à Moscou.
À Yalta, en février 1945, Roosevelt, Churchill et Staline discutent de la défaite allemande, de l'occupation et de l'avenir européen. Les accords sur des gouvernements représentatifs et des élections cachent des interprétations différentes. Lors de la conférence de Potsdam, en juillet et août, Roosevelt est mort et Truman lui a succédé ; Attlee remplace Churchill pendant la conférence après les élections britanniques.
L'URSS a subi d'immenses destructions et environ vingt-sept millions de morts. Staline recherche des réparations et une zone protectrice de gouvernements amis. Les États-Unis disposent d'une puissance économique exceptionnelle et, initialement, du monopole atomique. Les exigences soviétiques de sécurité et la volonté américaine d'ouverture politique et économique paraissent de plus en plus menaçantes à l'autre camp.
L'Europe orientale et l'endiguement
Entre 1945 et 1948, les partis communistes consolident leur pouvoir dans une grande partie de l'Europe orientale avec l'appui soviétique. Les méthodes varient, mais comprennent pressions sur les opposants, élections manipulées et contrôle des services de sécurité. La prise de pouvoir communiste en Tchécoslovaquie en février 1948 renforce les inquiétudes occidentales. Moscou présente ces régimes amis comme une protection ; leurs critiques y voient la destruction de l'indépendance politique.
Le discours de Churchill sur le rideau de fer, en 1946, donne un nom marquant à cette division. En mars 1947, la doctrine Truman promet d'aider les peuples menacés d'asservissement, avec une aide immédiate à la Grèce et à la Turquie. Elle est associée à l'endiguement : empêcher une nouvelle expansion communiste, sans nécessairement renverser les régimes déjà installés.
Le plan Marshall, annoncé en juin 1947 et appliqué à partir de 1948, fournit une aide massive à la reconstruction européenne. Les responsables américains relient prospérité, stabilité politique et commerce. Staline y voit une menace d'influence américaine et empêche la participation du bloc soviétique. Le Kominform, créé en 1947, coordonne les partis communistes ; le Comecon, fondé en 1949, organise la coopération économique du bloc.
L'Allemagne et le blocus de Berlin
L'Allemagne est divisée en zones d'occupation américaine, britannique, française et soviétique. Berlin, située dans la zone soviétique, possède également quatre secteurs. L'organisation provisoire de l'occupation se mêle aux désaccords sur les réparations, la reconstruction et l'avenir politique allemand.
Les Occidentaux rapprochent économiquement leurs zones et introduisent une nouvelle monnaie en 1948. Staline redoute un État ouest-allemand renforcé et lié aux États-Unis. En juin, les autorités soviétiques coupent les principales routes terrestres et fluviales approvisionnant Berlin-Ouest. Les couloirs aériens restent disponibles : la ville n'est pas isolée de tout moyen de transport.
Les Occidentaux organisent un pont aérien acheminant nourriture, combustible et autres produits. Il ravitaille la population sans tentative militaire de forcer les passages terrestres. Le blocus prend fin en mai 1949 sans avoir chassé les puissances occidentales. La crise approfondit la méfiance et accélère la division européenne.
La République fédérale d'Allemagne naît en mai 1949, puis la République démocratique allemande en octobre. L'OTAN, créée en avril, relie les défenses nord-américaine et ouest-européenne. Le pacte de Varsovie suit en 1955 après l'entrée de l'Allemagne de l'Ouest dans l'OTAN. Occupation, division politique et alliances militaires constituent désormais un même ordre de guerre froide.
La Corée : possibilités et limites de l'endiguement
Après la fin de la domination japonaise en 1945, la Corée est divisée entre occupations soviétique et américaine près du 38e parallèle. En 1948, deux gouvernements apparaissent, dirigés par Kim Il Sung au nord et Syngman Rhee au sud. Chacun revendique toute la péninsule. Le conflit relève donc d'ambitions coréennes autant que de la rivalité des superpuissances.
La Corée du Nord attaque le Sud le 25 juin 1950 avec l'accord soviétique. Truman y voit un test de l'endiguement, notamment après la victoire communiste en Chine en 1949. Le Conseil de sécurité de l'ONU soutient l'aide militaire au Sud pendant que l'URSS boycotte ses réunions. Une force multinationale dominée par les États-Unis intervient sous le général Douglas MacArthur.
Les Nord-Coréens progressent d'abord presque jusqu'au port méridional de Pusan. Le débarquement de l'ONU à Inchon en septembre inverse la situation. Après avoir reconquis le Sud, les forces de l'ONU avancent vers la Chine à travers le Nord. L'intervention chinoise les repousse. La défense initiale de la Corée du Sud s'est transformée en tentative de réunification, provoquant une guerre élargie.
Truman renvoie MacArthur en avril 1951 sur fond de désaccord concernant l'extension du conflit à la Chine. Les négociations commencent en juillet 1951, mais les combats continuent. L'élection d'Eisenhower en 1952, la mort de Staline en mars 1953 et les coûts militaires contribuent au contexte de l'armistice signé le 27 juillet 1953.
La Corée du Sud reste non communiste : l'endiguement atteint son objectif défensif initial. La réunification échoue, des millions de personnes souffrent et la péninsule demeure divisée près de l'ancienne limite. L'armistice interrompt les combats sans instaurer une paix définitive. Le régime sud-coréen étant alors autoritaire, sa survie ne doit pas être décrite comme une victoire démocratique immédiate.
Le mur de Berlin et le coût humain de la division
Avant 1961, Berlin constitue une importante voie de départ des Allemands de l'Est vers l'Ouest. Des millions de personnes quittent la RDA après 1949, dont beaucoup de jeunes travailleurs qualifiés. Cette émigration affaiblit l'économie et conteste la légitimité du régime. Les dirigeants soviétiques et est-allemands voient aussi Berlin-Ouest comme une base d'influence et de renseignement occidentale.
Le 13 août 1961, les autorités est-allemandes ferment la frontière avec l'appui soviétique, d'abord à l'aide de fils de fer et de barrières. Le dispositif devient une enceinte fortifiée autour de Berlin-Ouest. Des familles sont séparées, les déplacements quotidiens interrompus et la fuite devient dangereuse. Les gardes utilisent la force mortelle et de nombreuses personnes meurent à la frontière.
Le mur stabilise la RDA en arrêtant l'émigration massive, mais rend la répression visible. En octobre 1961, des chars américains et soviétiques se font face à Checkpoint Charlie avant de se retirer. L'épisode montre le danger d'un affrontement direct et la volonté des dirigeants d'éviter l'escalade tout en acceptant la ville divisée.
Cuba et la confrontation nucléaire
La révolution de Fidel Castro renverse Batista à Cuba en 1959. Les nationalisations et la dégradation des relations avec Washington rapprochent Cuba de l'URSS. L'échec du débarquement de la baie des Cochons, soutenu par les Américains en avril 1961, renforce la crainte d'une nouvelle attaque. La protection soviétique répond donc à un besoin cubain de sécurité autant qu'aux intérêts stratégiques de Khrouchtchev.
En 1962, l'URSS installe secrètement des missiles nucléaires à Cuba. Khrouchtchev veut protéger l'île et améliorer la position stratégique soviétique, notamment face aux missiles américains en Turquie. Des photographies de reconnaissance prises le 14 octobre révèlent les installations ; Kennedy est informé deux jours plus tard. Il examine la négociation, les frappes aériennes et l'invasion, toutes porteuses de risques importants.
Kennedy annonce une quarantaine navale le 22 octobre. Elle doit bloquer de nouvelles livraisons offensives tout en laissant du temps à la négociation, mais ne retire pas les missiles déjà présents. Les confrontations maritimes, la poursuite des travaux et la destruction d'un avion U-2 américain le 27 octobre rapprochent la crise de la guerre.
Le règlement combine engagements publics et privés. L'URSS accepte de retirer ses missiles ; Washington promet publiquement de ne pas envahir Cuba et accepte secrètement le retrait des missiles Jupiter de Turquie. Khrouchtchev annonce l'accord le 28 octobre. Les deux gouvernements peuvent revendiquer des gains, tandis que les dirigeants cubains dénoncent leur exclusion de la négociation finale.
La crise encourage la réduction du risque de malentendu. Une liaison directe et le traité d'interdiction partielle des essais nucléaires suivent en 1963. Le traité interdit les essais dans l'atmosphère, sous l'eau et dans l'espace, mais pas sous terre. La rivalité se poursuit : éviter la guerre à Cuba ne met pas fin à la course aux armements.
Le Vietnam : décolonisation et escalade américaine
La guerre du Vietnam naît de la résistance coloniale autant que de la guerre froide. Ho Chi Minh proclame l'indépendance en 1945, mais la France cherche à restaurer son autorité. Après sa défaite à Diên Biên Phu en 1954, les accords de Genève établissent une division militaire provisoire près du 17e parallèle et envisagent des élections de réunification. Celles-ci n'ont pas lieu.
Les États-Unis soutiennent un État anticommuniste au Sud dirigé par Ngo Dinh Diem. Son autoritarisme, son favoritisme et sa répression lui aliènent des opposants, dont de nombreux bouddhistes. Diem est renversé et tué en 1963. L'aide américaine apporte des moyens sans créer un gouvernement largement accepté ou durablement efficace.
Le Front national de libération se développe au Sud avec l'appui du Nord. Ses combattants, généralement appelés Viet Cong par leurs adversaires, associent guérilla et organisation politique ; l'armée régulière nord-vietnamienne joue aussi un rôle croissant. Les ravitaillements passent par les pays voisins, le long d'itinéraires regroupés sous le nom de piste Ho Chi Minh.
Après les incidents du golfe du Tonkin en 1964, Johnson obtient de larges pouvoirs du Congrès et intensifie la guerre. Des troupes américaines arrivent massivement à partir de 1965, tandis que l'opération Rolling Thunder bombarde le Nord. Hélicoptères, artillerie, napalm et défoliants chimiques donnent une immense puissance destructrice sans résoudre le problème politique d'un soutien durable au Sud.
Pourquoi la puissance américaine ne suffit pas
La guérilla rend difficile la distinction entre combattants et civils, tandis que les opérations destructrices peuvent renforcer l'hostilité aux forces américaines et sud-vietnamiennes. Le Nord reçoit une aide chinoise et soviétique malgré les tensions entre ces puissances. Ses dirigeants acceptent des coûts très élevés pour obtenir la victoire.
L'offensive du Têt de 1968 échoue dans ses objectifs militaires immédiats, mais choque l'opinion américaine en contredisant les déclarations officielles optimistes. Le massacre de My Lai, commis en mars 1968 et révélé ensuite, aggrave la perte de confiance. Télévision, photographies et reportages nourrissent le débat, tandis que pertes humaines, conscription et doutes sur les objectifs alimentent la contestation.
Nixon mène à partir de 1969 la vietnamisation : il réduit les forces terrestres américaines et transfère davantage de responsabilités à l'armée sud-vietnamienne. La guerre s'étend aussi aux régions voisines et s'accompagne de nouveaux bombardements massifs. Les accords de Paris de janvier 1973 entraînent le retrait des dernières forces de combat américaines, sans établir une paix durable entre les Vietnamiens.
Les forces nord-vietnamiennes prennent Saïgon le 30 avril 1975. L'endiguement n'a pas préservé un Sud indépendant non communiste. La comparaison avec la Corée montre que les moyens militaires ne suffisent pas : conditions politiques locales, géographie, aides extérieures, dirigeants et acceptation des pertes influencent aussi le résultat.
Armements, espace et prestige
L'essai atomique soviétique de 1949 met fin au monopole américain. Les deux puissances développent des armes et des moyens de lancement plus destructeurs. La dissuasion repose sur la crainte d'une riposte dévastatrice, mais accidents et erreurs restent possibles. Les dépenses militaires pèsent également sur les économies.
L'exploration spatiale participe à cette compétition, car les fusées ont des usages scientifiques et militaires. L'URSS lance Spoutnik, premier satellite artificiel, en octobre 1957. Youri Gagarine devient le premier humain dans l'espace en 1961 ; Valentina Terechkova la première femme en 1963 ; Alexeï Leonov réalise la première sortie spatiale en 1965.
Les programmes américains répondent par des investissements majeurs. Apollo 8 tourne autour de la Lune en 1968 ; Apollo 11 y dépose Neil Armstrong et Buzz Aldrin en juillet 1969, tandis que Michael Collins reste en orbite. L'alunissage réalise l'objectif annoncé par Kennedy et constitue un succès de propagande. Il ne met pas fin à toute compétition spatiale ni aux réalisations scientifiques soviétiques.
Résistances au contrôle soviétique
La domination soviétique est régulièrement contestée. En Allemagne de l'Est en 1953, manifestations et grèves sont réprimées avec l'aide militaire soviétique. En Hongrie en 1956, le soulèvement et les projets d'Imre Nagy de transformation politique et de sortie du pacte de Varsovie provoquent une intervention. Sa défaite révèle les limites imposées par Moscou à l'indépendance.
En Tchécoslovaquie en 1968, le printemps de Prague d'Alexander Dubcek cherche à réformer le socialisme, notamment par une plus grande liberté d'expression. Les forces du pacte de Varsovie envahissent le pays en août. La doctrine associée à Leonid Brejnev affirme alors qu'une menace contre le socialisme dans un État peut justifier l'intervention des autres.
En Pologne, le syndicat indépendant Solidarność apparaît en 1980 sous la direction de Lech Walesa. Il associe revendications économiques et demandes de droits. Le gouvernement impose la loi martiale en décembre 1981 et réprime le mouvement, sans éliminer son soutien social. L'opposition est-européenne reste donc une force active, et non un simple effet des décisions de Moscou.
Réformes et fin de la guerre froide
Dans les années 1980, le système soviétique affronte stagnation, pénuries, difficultés technologiques et engagements militaires coûteux, notamment en Afghanistan. On ne peut expliquer ces problèmes en affirmant que tous les travailleurs ont le même salaire ou refusent simplement de travailler. Incitations économiques, rigidité administrative, répression et coût de la compétition se combinent.
Mikhaïl Gorbatchev devient dirigeant soviétique en 1985 et lance la perestroïka, ou restructuration, et la glasnost, ou ouverture. Il veut réformer le système, mais le débat révèle les griefs et affaiblit l'autorité établie. Les négociations avec Washington réduisent certaines tensions ; son refus de maintenir militairement les régimes est-européens change leurs perspectives.
En 1989, les accords et élections partiellement libres en Pologne, l'ouverture des frontières hongroises et les manifestations ailleurs fragilisent les régimes communistes. En RDA, protestations et émigration créent une forte pression. Le 9 novembre, une annonce confuse sur les voyages attire des foules aux points de passage berlinois, que les gardes ouvrent. Cet événement résulte de pressions anciennes et de décisions immédiates.
L'Allemagne est réunifiée le 3 octobre 1990. En URSS, crise économique, mouvements nationaux et luttes entre réformateurs et conservateurs continuent. L'échec du coup d'État contre Gorbatchev en août 1991 renforce Boris Eltsine et accélère la dissolution de l'Union. Gorbatchev démissionne en décembre et l'URSS disparaît. La guerre froide prend fin par l'interaction de changements économiques, politiques et sociaux, plutôt que par un seul dirigeant ou événement.
Questions de révision
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01 Pourquoi la victoire sur l'Allemagne n'a-t-elle pas préservé l'alliance américano-soviétique ?
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À Yalta, en février 1945, Roosevelt, Churchill et Staline discutent de la défaite allemande, de l'occupation et de l'avenir européen. Les accords sur des gouvernements représentatifs et des élections cachent des interprétations différentes. Lors de la conférence de Potsdam, en juillet et août, Roosevelt est mort et Truman lui a succédé ; Attlee remplace Churchill pendant la conférence après les élections britanniques.
L'URSS a subi d'immenses destructions et environ vingt-sept millions de morts. Staline recherche des réparations et une zone protectrice de gouvernements amis. Les États-Unis disposent d'une puissance économique exceptionnelle et, initialement, du monopole atomique. Les exigences soviétiques de sécurité et la volonté américaine d'ouverture politique et économique paraissent de plus en plus menaçantes à l'autre camp.
02 Comment les désaccords sur l'Allemagne ont-ils produit le blocus de Berlin et quelles en furent les suites ?
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Les Occidentaux rapprochent économiquement leurs zones et introduisent une nouvelle monnaie en 1948. Staline redoute un État ouest-allemand renforcé et lié aux États-Unis. En juin, les autorités soviétiques coupent les principales routes terrestres et fluviales approvisionnant Berlin-Ouest. Les couloirs aériens restent disponibles : la ville n'est pas isolée de tout moyen de transport.
Les Occidentaux organisent un pont aérien acheminant nourriture, combustible et autres produits. Il ravitaille la population sans tentative militaire de forcer les passages terrestres. Le blocus prend fin en mai 1949 sans avoir chassé les puissances occidentales. La crise approfondit la méfiance et accélère la division européenne.
La République fédérale d'Allemagne naît en mai 1949, puis la République démocratique allemande en octobre. L'OTAN, créée en avril, relie les défenses nord-américaine et ouest-européenne. Le pacte de Varsovie suit en 1955 après l'entrée de l'Allemagne de l'Ouest dans l'OTAN. Occupation, division politique et alliances militaires constituent désormais un même ordre de guerre froide.
03 En quoi la Corée représente-t-elle un succès de l'endiguement et quelles en sont les limites ?
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La Corée du Nord attaque le Sud le 25 juin 1950 avec l'accord soviétique. Truman y voit un test de l'endiguement, notamment après la victoire communiste en Chine en 1949. Le Conseil de sécurité de l'ONU soutient l'aide militaire au Sud pendant que l'URSS boycotte ses réunions. Une force multinationale dominée par les États-Unis intervient sous le général Douglas MacArthur.
Les Nord-Coréens progressent d'abord presque jusqu'au port méridional de Pusan. Le débarquement de l'ONU à Inchon en septembre inverse la situation. Après avoir reconquis le Sud, les forces de l'ONU avancent vers la Chine à travers le Nord. L'intervention chinoise les repousse. La défense initiale de la Corée du Sud s'est transformée en tentative de réunification, provoquant une guerre élargie.
Truman renvoie MacArthur en avril 1951 sur fond de désaccord concernant l'extension du conflit à la Chine. Les négociations commencent en juillet 1951, mais les combats continuent. L'élection d'Eisenhower en 1952, la mort de Staline en mars 1953 et les coûts militaires contribuent au contexte de l'armistice signé le 27 juillet 1953.
La Corée du Sud reste non communiste : l'endiguement atteint son objectif défensif initial. La réunification échoue, des millions de personnes souffrent et la péninsule demeure divisée près de l'ancienne limite. L'armistice interrompt les combats sans instaurer une paix définitive. Le régime sud-coréen étant alors autoritaire, sa survie ne doit pas être décrite comme une victoire démocratique immédiate.
04 Comment la crise des missiles de Cuba s'est-elle développée et comment a-t-elle été réglée ?
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En 1962, l'URSS installe secrètement des missiles nucléaires à Cuba. Khrouchtchev veut protéger l'île et améliorer la position stratégique soviétique, notamment face aux missiles américains en Turquie. Des photographies de reconnaissance prises le 14 octobre révèlent les installations ; Kennedy est informé deux jours plus tard. Il examine la négociation, les frappes aériennes et l'invasion, toutes porteuses de risques importants.
Kennedy annonce une quarantaine navale le 22 octobre. Elle doit bloquer de nouvelles livraisons offensives tout en laissant du temps à la négociation, mais ne retire pas les missiles déjà présents. Les confrontations maritimes, la poursuite des travaux et la destruction d'un avion U-2 américain le 27 octobre rapprochent la crise de la guerre.
Le règlement combine engagements publics et privés. L'URSS accepte de retirer ses missiles ; Washington promet publiquement de ne pas envahir Cuba et accepte secrètement le retrait des missiles Jupiter de Turquie. Khrouchtchev annonce l'accord le 28 octobre. Les deux gouvernements peuvent revendiquer des gains, tandis que les dirigeants cubains dénoncent leur exclusion de la négociation finale.
La crise encourage la réduction du risque de malentendu. Une liaison directe et le traité d'interdiction partielle des essais nucléaires suivent en 1963. Le traité interdit les essais dans l'atmosphère, sous l'eau et dans l'espace, mais pas sous terre. La rivalité se poursuit : éviter la guerre à Cuba ne met pas fin à la course aux armements.
05 Pourquoi la puissance militaire américaine n'a-t-elle pas préservé le Vietnam du Sud ?
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L'offensive du Têt de 1968 échoue dans ses objectifs militaires immédiats, mais choque l'opinion américaine en contredisant les déclarations officielles optimistes. Le massacre de My Lai, commis en mars 1968 et révélé ensuite, aggrave la perte de confiance. Télévision, photographies et reportages nourrissent le débat, tandis que pertes humaines, conscription et doutes sur les objectifs alimentent la contestation.
Nixon mène à partir de 1969 la vietnamisation : il réduit les forces terrestres américaines et transfère davantage de responsabilités à l'armée sud-vietnamienne. La guerre s'étend aussi aux régions voisines et s'accompagne de nouveaux bombardements massifs. Les accords de Paris de janvier 1973 entraînent le retrait des dernières forces de combat américaines, sans établir une paix durable entre les Vietnamiens.
Les forces nord-vietnamiennes prennent Saïgon le 30 avril 1975. L'endiguement n'a pas préservé un Sud indépendant non communiste. La comparaison avec la Corée montre que les moyens militaires ne suffisent pas : conditions politiques locales, géographie, aides extérieures, dirigeants et acceptation des pertes influencent aussi le résultat.
06 Que révèlent la Hongrie, la Tchécoslovaquie et la Pologne sur les résistances au contrôle soviétique ?
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En Tchécoslovaquie en 1968, le printemps de Prague d'Alexander Dubcek cherche à réformer le socialisme, notamment par une plus grande liberté d'expression. Les forces du pacte de Varsovie envahissent le pays en août. La doctrine associée à Leonid Brejnev affirme alors qu'une menace contre le socialisme dans un État peut justifier l'intervention des autres.
En Pologne, le syndicat indépendant Solidarność apparaît en 1980 sous la direction de Lech Walesa. Il associe revendications économiques et demandes de droits. Le gouvernement impose la loi martiale en décembre 1981 et réprime le mouvement, sans éliminer son soutien social. L'opposition est-européenne reste donc une force active, et non un simple effet des décisions de Moscou.
07 Comment réformes, mobilisations et difficultés économiques ont-elles contribué ensemble à la fin de la guerre froide ?
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Mikhaïl Gorbatchev devient dirigeant soviétique en 1985 et lance la perestroïka, ou restructuration, et la glasnost, ou ouverture. Il veut réformer le système, mais le débat révèle les griefs et affaiblit l'autorité établie. Les négociations avec Washington réduisent certaines tensions ; son refus de maintenir militairement les régimes est-européens change leurs perspectives.
En 1989, les accords et élections partiellement libres en Pologne, l'ouverture des frontières hongroises et les manifestations ailleurs fragilisent les régimes communistes. En RDA, protestations et émigration créent une forte pression. Le 9 novembre, une annonce confuse sur les voyages attire des foules aux points de passage berlinois, que les gardes ouvrent. Cet événement résulte de pressions anciennes et de décisions immédiates.
L'Allemagne est réunifiée le 3 octobre 1990. En URSS, crise économique, mouvements nationaux et luttes entre réformateurs et conservateurs continuent. L'échec du coup d'État contre Gorbatchev en août 1991 renforce Boris Eltsine et accélère la dissolution de l'Union. Gorbatchev démissionne en décembre et l'URSS disparaît. La guerre froide prend fin par l'interaction de changements économiques, politiques et sociaux, plutôt que par un seul dirigeant ou événement.